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L'analyse transactionnelle : un traitement de la personnalité très au point.Avant de vous proposer le témoignage d'une jeune femme très satisfaite de son analyse transactionnelle, voici d'abord un bref aperçu de ce qu'est cette thérapie encore mal connue du grand public. L'analyse transactionnelle est une psychothérapie très respectueuse de la personne et très intelligente dans la mesure où elle permet de se regarder autrement grâce à une théorie et des outils très simples : quand vous agissez vous êtes souvent dans un scénario inconscient vous pouvez vous-mêmes (et encore mieux bien sûr avec un thérapeute) vous en rendre compte quand on vous explique les trois types de comportements que nous reproduisons sans nous en rendre compte de manière scénarique: Parent, Enfant, Adulte. Un livre sur l'analyse transactionnelle vous expliquera mieux que nous ce que sont ces différentes rubriques mais pour faire simple: Le ParentLe "Parent" Le parent est celui qui regarde de haut ou fait la leçon ou bien celui qui a tendance à toujours venir au secours de tout le monde, même de ceux qui n'en n'ont pas besoin: (un petit enfant peut faire son "parent critique" ou son "parent nourricier") L'adulteL'"Adulte" c'est celui qui prend une décision "raisonnable" au sens simplement logique du mot (hors contexte émotionnel, hors croyances en tenant compte de la globalité du contexte. (Un petit enfant peut aussi avoir un côté "Adulte", comme une personne adulte peut avoir un côté "parent", même s'il n'a pas d'enfant.) L'enfantL'enfant, c'est la spontanéïté, la fraîcheur, l'élan vers l'autre ou le rejet de l'autre (il y a deux catégories dans l'"Enfant": "enfant soumis" ou l'enfant libre". Un adulte peut avoir une plus grande partie d'"Enfant libre" ou d'"Enfant soumis" que d'"Adulte" ou de "Parent"... L'analyse transactionnelle est plus fine que la manière un peu simpliste que nous décrivons ici mais elle est très intéressante parce qu'elle permet de se "regarder du dehors" et se surprendre à tantôt faire "l'enfant soumis" ou "le parent critique" ou le parent "nourricier"... Pour illustrer cette thérapie que nous aimons bien parce qu'elle est accessible et efficace, un très beau témoignage d'une persosnne boulimique anorexique. Les séances duraient 50 minutesJ'ai été en Analyse Transactionnelle pendant 4 ans et demi. Lorsque j'ai commencé ma thérapie, cela faisait 15 ans que j'étais boulimique. Les séances duraient 50 minutes, mais très vite j'ai commencé à avoir des séances d' 1h15 parce que je ne pouvais pas venir toutes les semaines. Quand j'arrivais ma thérapeute m'offrait un thé ou un verre d'eau. Pendant la séance j'étais assise en face d'elle, et nous avions une vraie conversation, un vrai dialogue. Elle me posait souvent des questions. J'ai toujours senti une personne en face de moi qui m'écoutait et réagissait à mes propos, avec qui un réel échange était possible. Par exemple, il arrivait souvent que si une situation ou une émotion dont je lui parlais lui rappelait quelque chose de son propre vécu, elle me le racontait.
En parlant d'elle ma psy me fesait réfléchir sur moiCette façon d'introduire sa propre vie dans nos conversations avait plusieurs effets: premièrement cela me montrait qu'elle m'avait comprise et savait exactement de quoi je lui parlais, évitant les malentendus (et les quelques fois où nous nous étions mal comprises, particulièrement en début de thérapie, ce parallèle était un moyen très simple de nous en rendre compte!) Deuxièmement, cela m'aidait à considérer mon propre problème sous un angle différent, ce qui est inévitablement bénéfique, et aussi à prendre du recul. Et troisièmement, le fait de voir ma thérapeute comme une personne humaine avec ses propres difficultés était d'une certaine façon libérateur, elle me montrait que je n'avais pas besoin d'être “parfaite”... Cela a contribué à me rendre plus souple et tolérante envers moi-même et les autres. Elle m'expliquait la théorie.Il arrivait aussi que ma thérapeute résume ce que je venais de dire et me montre comment l'interpréter en termes Transactionnels. Par exemple, une des bases de l'Analyse Transactionnelle est de considérer que nous agissons selon 3 schémas possibles: “enfant”, c'est à dire comme nous l'aurions fait étant enfants, “parent”, c'est à dire comme nous croyons que nos parents auraient voulu que nous le fassions, et “adulte” c'est à dire d'une façon appropriée à la situation réelle. Si je venais de vivre un moment difficile et j'avais réagi comme une gamine effrayée, il était facile de voir que j'avais agi en mode “enfant” et à partir de là je pouvais chercher des alternatives constructives, au lieu de rester sur la culpabilité que j'avais ressentie. Au fil du temps j'ai trouvé ces schémas d'une grande aide, parce que c'étaient autant de points de repères et de bases auxquelles me raccrocher quand j'allais mal. C'est à dire que quel que soit mon mal-être, il y avait une façon de le comprendre qui était simple, claire, et s'alignait de façon cohérente avec mon vécu. Quand je me sentais complètement perdue et irrationnelle, ce genre de support moral était un grand soulagement. Elle me conseillait des lecturesMa thérapeute m'a plusieurs fois photocopié des articles, conseillé ou prêté des livres qui lui semblaient avoir des parallèles avec ce dont je parlais, ou simplement qui lui semblaient pouvoir m'intéresser. Quelques fois nous parlions de nos séances, et de façons dont nous pourrions les changer pour qu'elles soient plus productives. Au bout d'un an et demi de thérapie environs j'ai déménagé et j'ai commencé à avoir la plupart de mes séances par téléphone. Cela n'a pas changé grand chose, à ce moment-là nous nous connaissions déjà très bien, (elle n'aurait pas accepté de le faire si cela n'avait pas été le cas) mais elle m'a dit qu'elle trouvait cela parfois difficile parce que les élément visuels lui manquaient un peu pour bien comprendre ou interpréter mes propos. Elle me guidait parfoisL'Analyse Transactionnelle utilise le présent aussi bien que le passé pour comprendre et agir sur notre vie présente. Au cours de ma thérapie, je crois avoir passé plus ou moins la moitié du temps à explorer mon passé et celui de ma famille, et l'autre moitié à parler du présent et chercher des moyens d'y changer d'une part certains de mes comportements, d'autre part des choses concrètes et pratiques de ma vie, pour vivre mieux. Dans ce domaine, ma thérapeute n'hésitait pas à faire des suggestions ou donner des conseils, qui au début étaient pour moi comme des bouées de sauvetage. Par exemple, j'étais constamment épuisée parce que j'avais tellement peur de décevoir professionnellement que je travaillais comme une folle sans m'en rendre compte, et j'ai fini par faire une dépression nerveuse. C'est ma thérapeute qui m'a aidée à prendre des décisions pour incorporer du temps libre dans ma vie, ce qui était terrifiant au départ: j'avais l'impression de perdre tous mes repères. Mais heureusement que je n'ai pas attendu de comprendre pourquoi et qui j'avais si peur de décevoir avant de changer quelque chose... J'ai trouvé ce genre d'analyse prenant le problème par deux bouts différents très équilibrée. Je suis quelqu'un qui a besoin de comprendre le pourquoi et le comment des choses, mais en même temps j'étais empêtrée si profondément dans la boulimie et mes obsessions que j'avais aussi désespérément besoin qu'on me guide dans ma vie d'ici et maintenant. Je crois que j'aurais eu beaucoup de mal à avancer dans ma thérapie sans cette aide très concrète et pratique. Ces quatre ans ont changé ma vieJ'ai toujours senti beaucoup de chaleur de la part de ma thérapeute, et il était clair que si j'en ressentais le besoin je pouvais l'appeler entre les séances, elle serait là pour moi si elle était disponible (je l'ai fait à quelques reprises). Elle n'a jamais été dure ou autoritaire envers moi. Ces 4 ans et demi ont complètement changé ma vie, je suis devenue plus flexible, plus ouverte, et je découvre ce qu'est aimer vivre. Je ne me considère pas encore complètement “guérie”, mais je n'ai presque plus de crises de boulimie, et je suis émerveillée par le cerveau humain et ce qu'il peut accomplir. Par contre, après, j'ai ressenti le besoin d'un traitement en groupeJ'ai commencé une thérapie de groupe plus tard, il y a 6 mois parce que j'avais l'impression de me trouver devant un mur, je n'arrivais plus à avancer, même si j'avais conscience d'avoir déjà fait un chemin énorme. Peut-être que si on se connait trop bien avec son thérapeute au bout d'un moment la thérapie n'est plus aussi productive? Je ne sais pas exactement. Je suis venue à trois weekends pour l'instant. La première différence est le contexte de groupe, que j'ai trouvé très difficile au début parce qu'on ne peut vraiment pas se cacher... Mais en même temps cela me fait beaucoup de bien, cela m'oblige à être moi-même, il n'y a pas d' «échappatoire ». C'est aussi une sorte de microcosme de la société où on peut chercher et essayer des façons de se comporter avec les autres. Le groupe apporte également la possibilité de faire des jeux de rôles ou autres mises en situations qui ne sont pas possibles en thérapie individuelle. Au niveau de la relation avec le psy, c'est assez similaire. Le psy ici aussi est aussi une personne. Une personne avec qui l’on a un vrai dialogue, elle parle aussi souvent de sa propre vie. Par contre, elle est plus directe et directive que ne l'était ma thérapeute. Elle peut même être assez brutale (toujours dans la bienveillance) pour nous faire sortir de derrière nos façades! Et dans ses groupes on ne parle presque jamais de la boulimie ou du passé, l'idée est d'apprendre à vivre dans le présent.
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